Le décor est planté avant même l’atterrissage à Cayenne, la capitale de la Guyane française, à travers le hublot de l’Airbus d’Air Caraïbes. En plongeant les yeux vers la terre ferme à son approche, après 9 heures et 7000km de vol, et le survol en diagonale descendante de l’Atlantique au départ de Paris-Orly, je suis inexorablement hypnotisé par une forêt luxuriante à perte de vue. Dans le viseur, seul le fleuve de Cayenne se fraye un passage tel un serpent à travers une forêt amazonienne qui tapisse 96% du territoire guyanais. Les dernières couleurs du jour transcendent encore un peu plus le tableau. Il est environ 18 heures, soit 4 heures de moins qu’à Paris à cette période de l’année (5 heures en été). Le moment que le soleil choisit pour s’endormir 365 jours sur 365, ou 366, la Guyane flirtant avec l’Equateur, pour se réveiller un tour d’horloge plus tard, vers 6h. Cette nature, je la prends littéralement en pleine face durant la phase d’atterrissage. Elle aimante mon regard.
Bien plus qu’un flirt, c’est déjà le coup de foudre pour ce DROM (Département et Région d’Outre-Mer) situé en Amérique du Sud. Il est le plus grand département de France avec ses 83846 km2, soit 1/5e de l’Hexagone et une superficie équivalente à celle du Portugal ou de l’Autriche. J’ai plus que jamais hâte de lever le voile guyanais et de m’engouffrer dans ses paysages blottis au nord du Brésil et à l’est du Suriname. A la découverte d’une perle qui conjugue paraît-il à la perfection nature, sciences et culture. Et de fait, je vais vite en avoir la confirmation.
A la descente de l’avion, l’accueil du Comité du Tourisme de la Guyane (CGT), notre hôte pour 5 jours, dans le hall de l’aéroport Félix Eboué est aussi haut en couleurs. Danseuses et chanteuses drapées d’étoffes de maints tons les plus vifs accompagnent les rythmes créoles des djembés. Au pied de fusées qui annoncent aussi le lancement de la découverte d’un espace qui nous est encore absolument étranger, et mettent également en appétit du programme.

Autre surprise des plus agréable, mais somme toute relative, l’écart de mercure entre celui de Paris qui peinait à afficher positif, et celui de Cayenne, qui avoisine les 25 degrés alors que la nuit est tombée. Egalement de par sa position proche de l’Equateur (à peine 5 degrés de latitude nord), la Guyane connaît un climat équatorial chaud et humide toute l’année, avec de janvier à décembre des températures moyennes constantes aux alentours de 30°C.

Centre Spatial Guyanais (CSG): le port spatial de l’Europe

Après une nuit à Cayenne, à deux petits orteils tout au plus de la Place des Palmistes, cap sur le Centre Spatial Guyanais (CSG) à Kourou, la ville de l’espace. Pour y prendre part à l’Assemblée Générale de l’Association des Journalistes du Tourisme (AJT), dont je suis membre. Au sein d’un espace extraterrestre, le Centre de Contrôle Jupiter, qui est la salle de contrôle principale du port spatial de l’Europe. C’est là que sont coordonnées derrière une galaxie d’écrans les opérations des lancements de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), des fusées Ariane et Vega.
Les 80 journalistes de l’AJT conviés en Guyane installés dans les baquets des VIP des lancements et prêts à décoller pour l’Assemblée Générale, Jean-Luk Le West, Président du Comité du Tourisme de la Guyane, et Philippe Lier, Directeur du CSG, nous mettent un peu plus encore en orbite. Sur la constellation de facettes de la Guyane, dont bien sûr les sciences à travers le CSG, qui est à l’Europe ce que la NASA est aux Etats-Unis.


« Le CSG a vu le jour en 1968, suite à la décision du Général de Gaulle d’implanter un site de lancement à Kourou », développe Philippe Lier. « La France effectuait jadis ses tirs en Algérie, jusqu’à l’indépendance de cette dernière en 1962. Elle a alors du se trouver un nouveau site idéal. C’est aussi le général de Gaulle qui a créé le Centre National d’Etudes Spatiales (CNES), propriétaire du CSG, lançant ainsi l’aventure spatiale française et européenne. »
Philippe Lier justifie le choix de Kourou: « Le site se trouve à moins de 5 km de l’équateur. La pesanteur y est plus faible qu’aux pôles. Ce qui permet aux fusées d’utiliser la rotation de la terre pour gagner de la vitesse, réduisant la consommation de carburant et augmentant la charge utile. Le CSG, c’est aussi une superficie de 650km² (6 fois Paris), avec un bord de côte de 30km et une ouverture de 102 degrés sur l’océan. Les fusées peuvent décoller dans toutes les directions. Car elles survolent l’océan et non les terres. Il en découle plusieurs avantages majeurs. Notamment en termes de sécurité, car les éléments peuvent retomber dans l’Atlantique. Mais aussi diplomatiques, puisque le CSG ne doit pas demander d’autorisation de survol à des pays tiers. Kourou se trouve par ailleurs dans une zone de stabilité climatique, à l’abri des cyclones et des ouragans, et de stabilité sismique. Elle bénéficie également d’infrastructures de transport à proximité, qui permettent l’acheminement des composantes. »
Philippe Lier insiste sur le poumon économique qu’est l’activité spatiale: « Elle génère environ 15% du PIB de la Guyane, avec 1500 emplois directs et 4500 emplois indirects. Et l’objectif est par d’atteindre les 30 lancements en 2030. »
Tout au long de l’année, un bus achemine gratuitement les visiteurs vers les principales installations du CSG, dont l’impressionnante zone de lancement d’Ariane 6, le temps d’un circuit commenté de 2 heures environ.


Le CSG, c’est aussi un richissime concentré de faune et de flore. Jaguars, pumas, tatous, écureuils, tapirs, biches mazamas,… plus de 700 espèces animales différentes vivent dans ses 50% de savanes. Un guide de l’Office national des forêts conduit le public à leur rencontre un samedi par mois à travers les « visites des savanes ».
LE CSG, c’est également depuis 2024 Guyaspace Expérience. Un remarquable musée qui transporte ses visiteurs dans une expérience immersive, à la découverte de toutes les étapes d’un lancement spatial, des fonctions des satellites, de l’impact du spatial sur la Guyane et bien d’autres choses encore.
Autre expérience, en situation 100% réelle celle-ci, le nec le plus ultra, le GSG permet d’assister aux lancements nez dans l’atmosphère et l’espace, en prenant place dans plusieurs lieux rapprochés. Parmi lesquels donc la salle Jupiter, où les plus privilégiés ne perdent pas une étincelle du déroulé des opérations, mais aussi les sites d’observation Carapa et Ibis.
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Iles du Salut: derrière la carte postale, l’enfer du bagne

Après un atterrissage réparateur dans la ville à proprement-parler de Kourou, qui doit son développement au CSG et compte 25000 âmes, cap cette fois-ci sur les îles du Salut. Sur lesquelles on met les voiles en catamaran, au départ du ponton des Balourous qui flotte dans le vieux bourg de Kourou. Des navettes régulières assurent quotidiennenement la traversée de 8h30 à 16h30
https://www.promaritimeguyane.fr
Une bonne heure et 14km plus tard, 2 des 3 îles de l’archipel d’origine volcanique se dévoilent devant nous, l’Ile Saint-Joseph et l’Ile Royale, la 3e, l’Ile Saint Joseph, étant planquée en arrière-plan. La jungle en relief de palmiers, cocotiers, manguiers et autres bananiers, ceinte d’or bleu turquois et baignée d’un silence sans fausse note, est délicieuse. Seuls nos pas, le roulis des vagues, les noix de cocos ou mangues s’écrasant au sol, ou les cris et déplacements des singes capucins et saïmiris, et autres perroquets, transpercent le silence.



Mais l’histoire que cache les lieux est à mille lieues de la sérénité présente qui enveloppe les Iles du Salut. A peine débarqués sur l’Ile Royale, des bâtiments d’un autre temps sortent de la jungle au premier tournant. Ils réveillent un terrible passé et révèlent la terrible souffrance qu’ont enduré des dizaines de milliers d’hommes et de femmes. A l’esclavage, aboli en 1848, a succédé en Guyane, à partir de 1854 sous Napoléon III, le bagne. La plus effroyable des prisons françaises a compté jusqu’à plus de 30 sites, dont Les Iles du Salut, l’un des bagnes les plus durs au monde. Durant un siècle, quelque 70000 prisonniers condamnés aux travaux forcés y ont transité dans des conditions difficilement qualifiables. Une grande partie n’en est jamais revenue, terrassée par des maladies tropicales, des épidémies, des conditions de travail extrêmes par forte chaleur et humidité, et d’hygiène déplorables,…
La plus grande, l’Ile Royale abritait outre des cellules, les bâtiments administratifs, un hôpital, la maison du directeur qui abrite aujourd’hui un musée du bagne, ou encore une grande chapelle parfaitement conservée qui servait de lieu de culte aux bagnards.



Mais c’est sur L’île de Saint-Joseph, notamment rebaptisée la « mangeuse d’hommes », que les conditions de détention étaient les plus extrêmes. Au camp de la réclusion s’appliquait le régime de la « guillotine sèche ». Avec un enfermement et isolement total jour et nuit, dans un silence absolu et sans possibilité d’occupation, si ce n’est celle de tourner en rond. Dans des cellules qui ne disposaient pas de plafond, pour permettre une surveillance permanente via un chemin de ronde situé au-dessus.
L’Ile du Diable servait elle à la détention de détenus politiques. Un certain Alfred Dreyfus y a passé plusieurs années. Dans une petite case toujours présente, après qu’il eut été condamné à tort d’être un espion au service de l’Empire allemand, par antisémitisme. A l’inverse de ses deux voisines, l’Ile du Diable est inaccessible. En raison des forts courants qui la bordent, et annihilaient d’ailleurs toutes velléités d’évasion.
Parmi les bagnards les plus célèbres ayant eu le malheur de connaître les Iles du Salut, citons aussi
Henri Charrière. Condamné aux travaux forcés et incarcéré pour un meurtre qu’il a toujours nié avoir commis. Papillon, son surnom en référence à son tatouage, s’est rendu célèbre en écrivant le livre du même nom. Papillon également, un ouvrage devenu best-seller, dans lequel Henri Charrière décrit entre autres ses tentatives d’évasion. Et aussi le nom d’un film qui retrace son destin, et dont le rôle d’Henri Charrière est endossé par Steve McQueen.



Inhabitées et privées, les Iles du Salut sont la propriété du CNES, étant donné leur intérêt stratégique. Situées sur la trajectoire des lanceurs des fusées Ariane et Vega, elles sont évacuées et interdites d’accès lors des lancements. Les traversées vers les Iles du Salut sont alors suspendues. C’est aussi le CNES qui a permis la remise en état de certains bâtiments, délabrés depuis le fermeture du bagne en 1947.
Saint-Laurent-du-Maroni: de cité pénitentiaire à perle historique

Qui dit bagne dit aussi Saint-Laurent du Maroni. Celle qui n’était au départ qu’un village amérindien doit son visage actuel aux bagnards, par et pour lesquels elle a été construite. Située à la frontière avec le Suriname, elle est derrière Cayenne la deuxième ville la plus peuplée de Guyane avec environ 50000 habitants.
La ville doit aussi son nom au fleuve qui matérialise les 520km de frontière avec le Suriname, ancienne colonie hollandaise. Le Maroni qui est l’un très nombreux cours d’eau faisant office de route pour se déplacer en Guyane. Nous n’échappons évidemment pas à un ô combien plaisant déplacement à bord d’une pirogue, le moyen de locomotion par excellence, pour nous enfoncer un peu plus dans la jungle amazonienne, à la rencontre aussi de ses communautés et de sa faune.


Le Maroni sonnait en outre jadis la fin de plusieurs semaines de traversée de l’Atlantique depuis le fort de Saint-Martin-de-Ré à l’île de Ré, pour les bagnards. Les navires débarquaient leurs cargaisons humaines sur sa rive guyanais humaines, après aussi parfois des escales ailleurs dans le monde pour embarquer d’autres prisonniers, notamment en Algérie. A Saint-Laurent du Maroni, comme un peu partout en Guyane, le bagne a ainsi largement contribué à la diversité ethnique qui caractérise encore la population.
Labellisée Ville d’Art et d’Histoire, la ville doit aussi ce label au bagne. On surnomme aussi le « Petit Paris, celle qui pendant près d’un siècle a été le centre du système pénitentiaire en Guyane, en raison entre autres de son bâti exceptionnel. La ville compte pas moins de 11 bâtiments classés monuments historiques. Dont le camp de la transportation, où les condamnés épuisés de leur très long voyage étaient emprisonnés, avant pour certains d’être acheminés vers d’autres lieux.



L’ancienne ville pénitentiaire est aujourd’hui un véritable carrefour culturel, riche de nombreux évènements tout au long de l’année. Et un moteur économique de l’Ouest guyanais, au travers également le tourisme, mais aussi d’autres acteurs économiques à l’image de la rhumerie Saint-Maurice.



En 1930 on dénombrait en Guyane 17 distilleries de rhum. Six sont encore en activité, au rayon desquelles donc la rhumerie Saint-Maurice, la plus ancienne. Ses champs de cannes à sucre de déploient sur plus d’une centaine d’hectares. Elle distille principalement des rhums blancs, à partir du jus des cannes à sucre récoltés à la main, sous la marque La Belle Cabresse.
https://www.rhums-saint-maurice.com
La Ferme François: de la cueillette à l’assiette

S’il est bien un lieu où agriculture et tourisme se marient parfaitement, c’est à La Ferme François. Vaste de 20 hectare et située à Montsinéry-Tonnegrande, François a trouvé la recette, en proposant des expériences des plus authentiques.
Le très sympathique propriétaire de la ferme et son équipe servent notamment un succulent atelier « gastronomie guyanaise ». En entrée, on s’enfonce avec un guide dans les forêts de plantations, à la cueillette et à la découverte des produits exotiques locaux, d’un élevage de poulets pâturant aux pieds des bananiers, palmiers,…



Une fois la cueillette fructueuse, nous ponctuons notre promenade pour attaquer la préparation de notre récolte. Avec bouquet sur le plat pour cuisiner avec nous les délices qui accompagneront la viande boucanée grillée par les cuistots de la Ferme François, exceptionnellement une sauce « master chef » avec deux Toques Guyanaises (Antoine Zulémaro et Johan Pardonipade) mains dans les plats.
Les secrets du boucanage, un savoir-faire traditionnel guyanais, nous sont aussi dévoilés, pour le plus grand plaisir de nos yeux et narines. La technique consiste à fumer diverses viandes sur un barbecue durant quelques heures, naturellement avec du bois local et de la canne à sucre. Dont bien sûr le poulet, mais aussi l’agneau, le morceau qui atterrira dans notre assiette, avec en accompagnements du risotto de dachine et des pickles de cœur de palmier.


Bref, un régal la Ferme-François, où nous avons pour notre part aussi été accompagnés, de la cueillette à la dégustation par une caméra de Guyane La Première, la chaîne de télévision publique de Guyane. Et également le temps de la découverte autrement du gigantesque domaine, et d’un plongeon dans la piscine qui flotte au coeur des plantations.
https://la1ere.franceinfo.fr/guyane/tourisme-80-journalistes-de-la-presse-specialisee-a-la-decouverte-de-la-guyane-1647463.html (Guyane La Première)
https://www.lunivers-francois.com
Cayenne: 500 maisons créoles et 2 mois de carnaval

En arrivant à Cayenne, je reste avant tout figé à la vue de les toutes autant innombrables que remarquable bâtisses de toutes les teintes, souvent imposantes et parfaitement rectangulaires, qui défilent devant moi. Jaunes, bleues, oranges, vertes, roses,… les maisons créoles tapissent le coeur de la capitale guyanaise. On en dénombre plus de 500 figées dans le paysage depuis leur édification, le plus souvent à la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle.
Les cases, dans le jargon local, rappellent on ne peut mieux le passé colonial de la Guyane (la colonisation française a pris fin en 1946 quand elle a obtenu le statut de département d’outre-mer). Comme dans les autres anciennes colonies françaises (Guadeloupe, Martinique, La Réunion, Louisiane,…) où l’architecture créole est aussi omniprésente. Construites entre autres d’argile façonné sur place et de bois locaux, ces maisons traditionnelles se caractérisent également par un rez-de-chaussée surélevé, pour éviter les inondations, Cayenne se trouvant alors sur un marécage.



De toutes les maisons créoles, le Bar des Palmistes est incontestablement la plus célèbre. L’établissement, aussi restaurant et hôtel, est une véritable institution à Cayenne. Edifiée à la fin du XIXe siècle, la Maison Thémire, une bâtisse bourgeoise, est devenue en 1908 déjà l’établissement qu’il est toujours plus d’un siècle plus tard.
C’est d’ailleurs en ce lieu mythique que s’est tenue la traditionnelle soirée de gala de l’Assemblée Générale de l’AJT. Aux couleurs et aux rythmes d’une autre institution locale, le carnaval de Cayenne, l’un des plus longs au monde avec environ deux mois de réjouissances, de l’Épiphanie au Mercredi des Cendres. Et avec des Touloulous, ses personnages emblématiques, vêtus de leur somptueux costume, à savoir une longue robe des plus élégante, des gants et un masque. Un accoutrement qui rend leur identification impossible, le Touloulou tient à son anonymat, plus encore peut-être qu’à la chaire de sa peau. Né lors de l’abolition de l’esclavage, le Touloulou caricaturait les bourgeoises de jadis. Leur déguisement permettait aussi de briser les barrières sociales et ethniques au travers leur caractère anonyme. Le Touloulou, qui pouvait aussi cacher un homme, a ensuite perdu son rôle caricatural et sa mixité pour devenir exclusivement féminin. Tout au long du carnaval, il écume inlassablement les bals paré à la recherche d’un cavalier pour danser.


Quant au nom du Bar des Palmistes, ne le cherchez pas plus loin que la place sur laquelle il se trouve, au même titre que d’autres majestueuses bâtisses créoles. Comme l’établissement, la Place des Palmistes est classé monument historique et en impose. Coeur battant de Cayenne, elle se déploie sur 3 hectares jalonnés de 456 majestueux palmiers royaux. Au beau milieu desquels Félix Eboué, de son gigantesque monument, en impose autant qu’à l’époque du colonialisme. Ce Guyanais d’origine africaine natif de Cayenne et petit-fils d’esclaves était en effet une grande figure de l’administration coloniale.


Autre place emblématique de Cayenne, et aussi ceinte, en partie, de remarquables maisons créoles (qui abritent des magasins ou des restaurants), la Place du Coq tire son nom du monument aux morts qu’elle accueille surmonté d’un coq gaulois, symbole de la République française. Avant le réveil du coq, la place ne sommeillait pas pour autant. Bien au contraire, puisqu’elle accueillait le marché de la ville et s’appelait tout naturellement Place du Marché.
Les échoppes s’étalent depuis le début des années 1900 à deux minuscules pattes de là dans un marché couvert, ouvert trois jours par semaine (mercredi, vendredi et samedi, de 4h à 14h). Un bâtiment en longueur dont les murs extérieurs témoignent de toutes leurs longueurs et largeurs du passé esclavagiste de Cayenne, via une fresque représentant des marchands d’esclaves. Cayenne était le port d’entrée des navires négriers et le centre politique de l’esclavagisme.



Jusqu’à l’abolition de ce dernier en Guyane en 1848. Une liberté retrouvée que commémore le monument Les Chaînes Brisées, situé sur le boulevard Nelson Madiba Mandela face à la mer, qui rend hommage aux victimes de la traite des êtres humains.

Rayon marchés à nouveau, celui aux poissons se tient dans la halle à marée inaugurée tout récemment dans la rue du Vieux Port. A proximité comme son nom l’indique du vieux port. Bien difficile toutefois d’imaginer que les pêcheurs y débarquaient jadis leurs trésors. Tant la mangrove a envahi les lieux. Seul le ponton semble parvenir à la contenir.
La mangrove est aussi omniprésente quand on contemple l’Atlantique et le littoral de Cayenne depuis le Mont Cépérou. Celui-ci offre un point de vue à quasi 360 degrés, et puise son nom d’un chef amérindien qui avait d’abord donné son nom à un fort érigé au même endroit. ll offre également une vue imprenable sur la capitale guyanaise, et en particulier sur la vieille ville aux mille couleurs créoles. On y accède par un escalier aux marches de la même palette, qu’aussi les deux rangées de maisons au milieu desquels il se faufile. Au fil des marches, quand les habitations s’effacent, une gigantesque fresque indienne, comme il en existe d’autres dans la ville, se déballe à son tour, avant de laisser place donc à un panorama à couper le souffle.



Le cimetière de Cayenne, dans le centre-ville, offre lui une autre vision. Celle de cette multiculturalité immortelle en Guyane, avec des caveaux catholiques, protestants ou bouddhiste se mélangent sur 18 hectares.



En 2023, la ville comptait un peu plus de 63000 habitants sur une population d’environ 293000 Guyanais, dont la moitié vivent dans l’agglomération de Cayenne. A l’échelle de la Guyane, cela représente à peine 3,5 habitants par km2, soit l’une des plus faibles densité de population au monde.
« Chapelle Sixtine de l’Amazonie »
Rien que pour l’église Saint-Joseph, le village de Iracoubo mérite le détour, ou tout simplement un arrêt sur la route entre Saint-Laurent du Maroni et Cayenne. Une remarquable fresque de 600m2 dessinée au XIXe siècle par un bagnard, Pierre Huguet, tapisse les murs et le plafond d’un édifice surnommée Chapelle Sixtine de l’Amazonie ».
Voisin de l’église Saint-Joseph, le Mémorial d’Iracoubo rend hommage aux 47 Kali’nas et Arawaks, deux peuples autochtones. Ceux-ci ont été exhibés au grand public dans des zoos humains dans des villes Europe durant la période coloniale, à la fin du 19e siècle. Plusieurs ne sont jamais rentrés en Guyane, décédées de ces expositions ethnographiques dont les sujets vivaient dans des huttes reconstituées, dans des conditions extrêmement précaires.


Comment se rendre en Guyane Français?
Partenaire aérien de l’Assemblée Générale de l’AJT, la compagnie Air Caraïbes assure 4 vols directs par semaine entre les aéroports de Paris-Orly et de Cayenne Félix Eboué, dans un sens comme dans l’autre. Pendant l’été, et les congés de Noël et Toussaint, elle propose même 7 vols.
Où dormir?
A Cayenne:
Hôtel Ibis Style Cayenne: ibis Styles Cayenne Centre Amazonia – ALL
Hôtel Mercure Cayenne Royal Amazonia: Hôtel 4 étoiles à Cayenne – Mercure Cayenne Royal Amazonia – ALL – ALL
A Kourou:
Hôtel Mercure Ariatel Kourou: Hôtel 4 étoiles à Kourou – Hotel Mercure Kourou Ariatel – ALL – ALL
Hôtel des Roches: Hôtel des Roches – Hébergement 4* à Kourou en Guyane
A Saint-Laurent du Maroni:
Hôtel Domaine du Lac Bleu: Hotel Domaine du Lac Bleu – Domaine du Lac Bleu
Comité du Tourisme de la Guyane: https://www.guyane-amazonie.fr











































































































































